
Andropause : à quel âge survient-elle chez l'homme ?
- Embrase Agence
- 24 mai
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 mai
Résumé : L'andropause débute généralement entre 45 et 65 ans, avec une baisse de testostérone d'environ 1 % par an dès 30 ans, mais ne touche qu'une minorité d'hommes.
Contrairement à ce que l'on observe quand on se demande à quel âge survient la ménopause chez la femme, l'andropause ne frappe pas tous les hommes et ne se manifeste pas de manière soudaine. Ce phénomène hormonal, encore mal connu du grand public, correspond à une diminution lente et progressive de la testostérone. En France, une enquête récente révèle qu'environ 4 personnes sur 10 ignorent même l'existence de ce trouble.
Comprendre l'andropause et l'âge auquel elle peut apparaître est pourtant essentiel pour anticiper ses effets sur la qualité de vie. Ce guide vous propose un décryptage complet : à quel moment les premiers signes se manifestent, quels facteurs accélèrent la baisse hormonale, comment distinguer l'andropause de la ménopause et quelles solutions permettent d'atténuer ses symptômes.
Qu'est-ce que l'andropause exactement ?
Le langage courant désigne par « andropause » la période de la vie de l'homme pendant laquelle sa sécrétion d'hormones masculines diminue lentement. En termes médicaux, on parle de « déficit androgénique lié à l'âge » (DALA). Un autre terme en vogue est celui d'« hypogonadisme » de l'homme âgé, connu sous le sigle anglais de PADAM (Partial Androgen Deficiency in Aged Male).
Concrètement, il s'agit d'une baisse progressive du taux de testostérone. Cette hormone, produite principalement par les testicules, joue un rôle déterminant dans la libido, la masse musculaire, la densité osseuse, l'humeur et le niveau d'énergie. Ce trouble peut donner lieu à des répercussions à la fois physiques et psychologiques.
À quel âge l'andropause commence-t-elle ?
Selon l'Association française d'urologie (AFU), les hommes perdent chaque année 1 % de leur testostérone à partir de l'âge de 30 ans. Cette diminution est d'abord imperceptible, puis elle s'accentue avec le temps. Les statistiques identifient un début de symptomatologie entre 50 et 65 ans, bien qu'elle puisse débuter à partir de 45 ans.
Il est donc inexact de fixer un âge précis de début de l'andropause. La fourchette la plus couramment admise se situe entre 45 et 65 ans, avec une intensification des signes après 60 ans. D'après la Société Française d'Endocrinologie, chez la majorité des hommes mûrs ou âgés, la baisse de la testostérone circulante est inconstante ou relativement modérée lorsqu'ils sont en bonne santé et non obèses.
Quelle proportion d'hommes est réellement concernée ?
Contrairement à une idée répandue, l'andropause ne touche pas la totalité de la population masculine. Selon une étude réalisée par plusieurs chercheurs dans la région de Boston, la proportion d'hommes de plus de 70 ans touchés par le déficit androgénique lié à l'âge est de 10 à 20 %. Les chiffres varient selon les critères diagnostiques utilisés.
L'étude européenne EMAS (European Male Aging Study), référencée par la Société Française d'Endocrinologie, fournit des données plus restrictives : la prévalence d'une baisse cliniquement significative serait de 0,6 % entre 50 et 59 ans, 3,2 % entre 60 et 69 ans, et 5,1 % entre 70 et 79 ans. Le rapport SexReport 2025 révèle que 4 Français sur 10 ne connaissent pas ce trouble hormonal qui touche certains hommes âgés. Cette méconnaissance explique en partie le faible taux de consultations.
Les principaux symptômes de l'andropause
Les manifestations de la baisse de testostérone se répartissent en trois catégories : sexuelles, physiques et psychologiques. Leur intensité varie considérablement d'un individu à l'autre.
Symptômes sexuels :
Baisse de la libido et du désir sexuel
Troubles de l'érection
Diminution des érections matinales
Symptômes physiques :
Fatigue chronique et manque d'énergie
Perte de masse musculaire
Prise de poids abdominale
Bouffées de chaleur
Diminution de la pilosité
Fragilité osseuse (risque d'ostéoporose)
Symptômes psychologiques :
Irritabilité et troubles de l'humeur
Perte de motivation
Troubles du sommeil
Tendance dépressive
L'andropause, souvent négligée et mal comprise, résulte d'une diminution de la production de testostérone et peut entraîner des symptômes physiques et psychologiques tels que la fatigue, la prise de poids, la baisse de libido et la dépression. Ces signes étant peu spécifiques, ils sont fréquemment attribués au stress ou au vieillissement normal, ce qui retarde le diagnostic.
Andropause et ménopause : quelles différences fondamentales ?
Il est tentant de parler de « ménopause masculine », mais cette comparaison est trompeuse. Voici les différences essentielles à retenir pour bien comprendre ce qui distingue l'andropause de la ménopause, l'équivalent féminin de l'andropause.
Critère | Andropause | Ménopause |
Début | Progressif, entre 45 et 65 ans | Relativement rapide, vers 50 ans |
Universalité | Ne touche qu'une minorité d'hommes | Inéluctable chez toutes les femmes |
Fertilité | Préservée (spermatogenèse réduite mais persistante) | Arrêt définitif de l'ovulation |
Évolution hormonale | Baisse lente et variable | Chute nette des œstrogènes |
Diagnostic | Deux dosages matinaux de testostérone nécessaires | Clinique (aménorrhée de 12 mois) |
Pour approfondir les spécificités de la transition hormonale féminine, vous pouvez consulter notre page dédiée à la définition de la ménopause.
Les facteurs qui accélèrent la baisse de testostérone
Si le vieillissement est la cause principale, plusieurs facteurs de mode de vie aggravent et accélèrent le déclin hormonal. Une étude de Liu et al. a établi une association significative entre un faible taux de testostérone et un risque accru de développer un syndrome métabolique, un ensemble de conditions qui augmentent le risque de maladie cardiaque, d'AVC et de diabète.
Voici les principaux facteurs de risque identifiés :
Obésité : l'excès de masse grasse, en particulier abdominale, favorise la conversion de la testostérone en œstrogènes
Diabète de type 2 : fortement associé à un déficit androgénique précoce
Tabagisme : réduit la production de testostérone et altère la fonction vasculaire
Consommation excessive d'alcool : effet toxique direct sur les cellules de Leydig
Sédentarité : l'inactivité physique contribue à la perte musculaire et à la baisse hormonale
Stress chronique : augmente le cortisol, qui inhibe la production de testostérone
D'après l'Observatoire Santé PRO BTP, les hommes âgés présentant une obésité ou des comorbidités chroniques constituent des populations plus à risque. Il est donc possible d'agir sur ces leviers pour retarder l'apparition des symptômes.
Diagnostic et traitement de l'andropause
Le diagnostic repose sur l'association de symptômes évocateurs et d'un bilan biologique confirmé. Comme le souligne la Société Française d'Endocrinologie, il est recommandé de réaliser deux dosages matinaux de testostérone totale, à jeun, à quelques jours d'intervalle, afin d'écarter les fluctuations naturelles.
Lorsque le déficit est confirmé et que les symptômes altèrent significativement la qualité de vie, un traitement hormonal substitutif (THS) peut être envisagé. Il se présente sous forme de gel, d'injections ou de patchs. Ce traitement nécessite cependant un bilan préalable rigoureux : dépistage du cancer de la prostate, évaluation cardiovasculaire et vérification de la fonction hépatique.
Les contre-indications incluent notamment les antécédents de cancer de la prostate, l'apnée du sommeil sévère non traitée et certaines maladies cardiovasculaires récentes. Un suivi médical régulier est indispensable tout au long du traitement.
Hygiène de vie et approches naturelles : des leviers concrets
Avant même d'envisager un traitement hormonal, des ajustements du mode de vie peuvent considérablement atténuer les symptômes de l'andropause. La prévention passe par un triptyque : équilibre alimentaire, entraînement de résistance bi-hebdomadaire et sommeil suffisant, chacun ayant un impact mesurable sur la testostéronémie.
Les recommandations clés sont les suivantes :
Pratiquer une activité physique régulière, notamment du renforcement musculaire
Adopter une alimentation de type méditerranéen, riche en zinc, protéines et acides gras essentiels
Maintenir un poids corporel sain
Limiter la consommation d'alcool et arrêter le tabac
Veiller à un sommeil réparateur de 7 à 8 heures par nuit
Gérer le stress par des techniques adaptées
La gestion du stress représente un levier particulièrement important. Le cortisol, hormone du stress, inhibe directement la production de testostérone. Des approches complémentaires telles que l'hypnose, la méditation ou la relaxation guidée peuvent contribuer à rétablir un meilleur équilibre hormonal. Si vous souhaitez en savoir plus sur les transitions hormonales et les outils pour les accompagner, consultez notre page expliquant c'est quoi la ménopause.
L'andropause, un enjeu de santé masculine encore sous-estimé en France
Dans l'étude SexReport 2025, 5 % des hommes interrogés ont indiqué avoir été touchés par l'andropause, 9 % ont confié être en train de la traverser, et un quart des sondés (22 %) ont reconnu ne pas savoir. Ces chiffres, rapportés par Fréquence Médicale, illustrent à quel point ce sujet reste méconnu en France.
Plusieurs raisons expliquent ce silence. La santé hormonale masculine a longtemps été un sujet tabou. Les hommes consultent moins facilement pour des symptômes qu'ils attribuent au vieillissement naturel. De plus, l'absence de marqueur aussi net que l'arrêt des règles rend la prise de conscience plus difficile. Pourtant, un diagnostic précoce permet d'améliorer significativement la qualité de vie, que ce soit par un traitement médical ou par des ajustements du quotidien.
En définitive, l'âge de l'andropause ne devrait pas être perçu comme une fatalité. La baisse de testostérone est un phénomène physiologique que l'on peut accompagner efficacement grâce à une prise en charge adaptée. L'hygiène de vie, la gestion du stress et le suivi médical constituent les trois piliers d'une transition hormonale vécue avec sérénité. Chez Hypnose49, nous proposons un accompagnement personnalisé par l'hypnose, particulièrement adapté à la gestion du stress et au mieux-être intérieur durant ces périodes de changement. Pour découvrir comment nous pouvons vous aider, rendez-vous sur notre page dédiée à nos séances d'accompagnement par l'hypnose.
Questions fréquentes
L'andropause empêche-t-elle d'avoir des enfants ?
Non. Contrairement à la ménopause, l'andropause n'entraîne pas un arrêt complet de la fertilité. La spermatogenèse persiste, même si elle devient moins efficace sur les plans qualitatif et quantitatif. Il reste donc biologiquement possible de procréer, même après 60 ans.
Comment savoir si l'on souffre d'andropause ?
Le diagnostic repose sur la présence de symptômes évocateurs (baisse de libido, fatigue, troubles de l'humeur) combinée à deux dosages matinaux de testostérone totale montrant un taux anormalement bas. Consultez votre médecin ou un urologue si vous présentez plusieurs de ces signes. L'hypnose peut également vous accompagner dans la gestion du stress et de l'anxiété qui accompagnent souvent cette période ; nos séances personnalisées chez Hypnose49 aident à retrouver un meilleur équilibre émotionnel.
Le traitement hormonal de l'andropause est-il risqué ?
Le traitement par testostérone nécessite un bilan préalable complet et un suivi médical régulier. Les études récentes sont rassurantes concernant les risques cardiovasculaires, mais la prudence reste de mise chez les hommes présentant des antécédents de cancer de la prostate. Le choix d'un traitement dépend toujours de la sévérité des symptômes et du profil médical du patient.


